| La proposition gratuite de Carrefour n’a pas toutes les vertus dont on la pare : elle offre certes une bonne base de couverture, mais les exclusions sont nombreuses. Elle est même à éviter pour les parents qui détestent se faire inonder d’offres commerciales... | ||
|
|
||
|
Les profs de mathématiques ont du mouron à se faire : pour Carrefour, 6,90 euros = 0 euros ! En effet, la célèbre enseigne de la grande distribution a lancé cet été une assurance scolaire
gratuite, qui lui revient en fait à 6,90 euros par enfant – la somme qu’elle verse à Carma, sa filiale d’assurances. En 2008, cette même assurance était facturée aux parents 15 euros par
enfant. Pour 2009-2010, le distributeur leur fait un cadeau. Il n’y a même pas besoin de posséder une carte de fidélité, ni de faire un minimum d’achats dans le magasin. Le leader contre-attaque Inquiète de cette offensive commerciale inédite, la MAE, leader du secteur avec ses 3,5 millions de contrats, a attaqué Carrefour en référé. Mais, le 1er septembre, le juge a laissé l’enseigne commercialiser son produit, tout en précisant que sa pratique était «abusive» au sens du code de commerce. La MAE affirme que, passé le mois de septembre, elle pourrait saisir un tribunal au fond. «Pour éviter que Carrefour ne remette ça», indique son avocat, qui a beau jeu d’ajouter que «les consommateurs se méfient des produits gratuits». Qu’y a-t-il vraiment dans cette assurance ? De bonnes bases de couverture des activités scolaires et extrascolaires et un plafond de garantie élevé en matière de responsabilité civile en cas de dommages matériels et immatériels (915 000 euros, contre 155 000 euros pour la formule de base de la MAE). Mais avant de signer, il faut regarder les nombreuses exclusions prévues par les conditions générales de l’offre. Dans la forme comme dans le fond, on constate des anomalies qui pourraient tout compliquer en cas de litige. Car ces exclusions ne sont pas clairement mises en valeur. Et certaines ne semblent pas «formelles et limitées», comme l’exige pourtant l’article L. 113-1 du code des assurances. Un exemple : que doit-on comprendre par «les dommages résultant de façon inéluctable et prévisible des modalités d’exercice des activités que l’assuré n’aurait pas dû prescrire ou accepter» ? Un conseil : il faut d’abord comparer différents contrats, car la gratuité d’un jour peut se payer cher un autre jour. MAE, Macif, AGF, MMA, Géant Casino… La liste est longue des entreprises du secteur. Et si tout cela était finalement superflu ? Mais… si une assurance scolaire spécifique était finalement superflue ? La question se pose, car de nombreux contrats «multirisque habitation» couvrent déjà la responsabilité civile pour les dommages causés aux tiers ; et les dommages corporels de l’enfant sont souvent pris en charge par les garanties «accidents de la vie». Quand ce n’est pas le cas, des extensions sont possibles moyennant une surprime modique (1 euro par exemple). Cela étant, l’assurance gratuite de Carrefour peut être un complément en cas de gros sinistre. A 0 euro, on ne perd rien à essayer. Mais les parents détestant se faire démarcher ne devront pas y succomber. Car, comme le précise sans fard son directeur général des assurances, Pierre-Olivier Grall, le but de l’enseigne est de «gagner de nouveaux clients, à qui on ne manquera pas de faire des propositions diverses et variées». On pense aux cartes de fidélité avec option «crédit renouvelable», aux offres de voyages et… aux autres assurances. |
||