Progression des inégalités de revenus et de la pauvreté, partage des profits favorable aux actionnaires... Les partenaires sociaux doivent proposer des solutions au gouvernement avant la
mi-juillet.
Le débat sur la revalorisation des rémunérations et le partage des profits revient dans l’actualité à la faveur de deux publications de l’Institut national de la statistique et des études
économiques (Insee). La première constate un creusement des inégalités de revenus, la seconde un partage de la valeur ajoutée profitant plus aux dividendes (rémunérations des actionnaires) qu’aux
salaires.
7,8 millions de pauvres
Selon l’étude sur les inégalités de revenus, plus de 7,8 millions de personnes étaient considérées comme pauvres en 2006, c’est-à-dire vivant avec moins de 880 euros par mois pour un célibataire
ou moins de 1 320 euros pour un couple sans enfant. Parmi elles, près de quatre millions avaient un niveau de vie inférieur à 720 euros par mois, une fois pris en compte la composition des
familles et le nombre de personnes par ménage. Les familles monoparentales et les familles nombreuses sont les plus «confrontées à la pauvreté». Par contraste, les 10 % des Français les plus
aisés avaient un niveau de vie moyen par tête de 2 765 euros par mois.
L’Insee souligne pourtant que le niveau de vie est en «hausse régulière» depuis 1970. Mais derrière se cachent toujours de fortes disparités entre riches et pauvres : les revenus augmentent
davantage en haut de l’échelle qu’en bas… Par exemple, les 10 % les plus aisés ont vu en 2005 leur niveau de vie croître de 2,9 %, contre seulement 1,7 % pour les 10 % les plus pauvres.
Le rapport sur le partage de la valeur ajoutée, remis le 13 mai dernier au président de la République par le directeur général de l’Insee, Jean-Philippe Cotis, constate que la part des dividendes
dans la valeur ajoutée a «pratiquement doublé depuis une dizaine d’années». Ils captaient 7 % de l’excédent brut d’exploitation des sociétés non financières en 1993, et 16 % en 2007. Conclusion :
les profits se partagent «en un peu plus d’un tiers pour le revenu du capital (36 %), une grosse moitié pour l’épargne [provisions pour investissements et placements financiers] (56 %) et le
restant pour la participation et l’intéressement», deux sources de revenus supplémentaires pour les salariés.
Proposition de loi
Les syndicats doivent faire des propositions au gouvernement d’ici au 15 juillet. De son côté, la majorité parlementaire travaille sur une proposition de loi visant à mieux répartir les
rémunérations variables liées aux résultats collectifs des entreprises.
> Plus d’info :
• Publiée le 6 mai, l’étude de l’Insee “Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006” est téléchargeable à l’adresse : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/revpmen09b.PDF
• Remis le 13 mai, le rapport de Jean-Philippe Cotis est disponible via :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000213
source : conso.net
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